« Un jour viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine…
Ils détourneront l’oreille de la Vérité et se tourneront vers les fables »
(2 Timothée IV, 3-4)

MGR FELLAY NIE PUBLIQUEMENT LE DOGME DE
L’INFAILLIBILITÉ ET S’APPRÊTE À LANCER

UNE NOUVELLE « CROISADE » !

Comme nous l’avions pressenti dans notre message du 24 janvier dernier [[i]] et selon les différentes informations que nous avons reçues ces derniers jours, Mgr Fellay s’apprêterait à lancer une nouvelle « croisade du Rosaire », une « croisade » contre le renouvellement du scandale d’Assise. C’est ce qu’il a annoncé le dimanche 20 février lors d’une cérémonie de confirmations à Toulouse au cours de laquelle il a développé, à nouveau, l’hérésie de la FSSPX niant le Dogme de l’Infaillibilité.

Les croisés de la FSSPX

—I— Négation publique et formelle du Dogme de l’Infaillibilité

Toujours soucieux de protéger l’image de son cher « pape Benoît » mis bien obligé, vis-à-vis des prêtres et des fidèles, de réagir aux dernières initiatives de celui-ci, Mgr Fellay ne trouve rien de mieux que de dire qu’il ne comprend pas pourquoi Joseph Ratzinger multiplie les actes et déclarations contraires à la foi. Il n’a pas d’explication !

Il dit trouver « tout cela » étrange, mais son souci premier, qui revient comme une obsession, est de persuader les fidèles de ne surtout pas dire ou même penser que Benoît XVI n’est pas « pape ».

Bernard Fellay

Mgr Fellay : un évêque sous influence et au langage perfide

Dans son sermon à Toulouse, Mgr Fellay a reconnu qu’en principe « le pape ne peut pas se tromper ». « On dit que le Pape est infaillible » affirma-t-il. Mais d’après le Supérieur général de la FSSPX, « ce n’est pas automatique, IL EST INFAILLIBLE S’IL LE VEUT » !

Ces dernières déclarations viennent confirmer ce que nous écrivions il y a à peine huit jours [[ii]] et que nous allons développer dans une série d’articles à venir :

 
MGR FELLAY ET LA FSSPX NIENT PUBLIQUEMENT ET FORMELLEMENT LE DOGME DE L’INFAILLIBILITÉ ET ENTRAINENT LES ÂMES DANS L’HÉRÉSIE !
 

« Ils affectent un singulier respect et un zèle merveilleux pour la doctrine et la personne du Sauveur Jésus-Christ, mais ces discours ne sont que des traits dont se servent ces hommes perfides pour blesser plus sûrement ceux qui ne sont pas sur leurs gardes »

(Pie VII, Encyclique Ecclesiam a Jesu Christo du 13 septembre 1821)

Déjà, le 18 avril 2008, lors d’une conférence à Libreville au Gabon, Mgr Fellay développait la même thèse hétérodoxe en déclarant :

« Le Pape et lui seul, est apte à DÉCIDER D’USER OU NON de l’assistance du Saint Esprit. Il engage toute sa liberté » [[iii]].

Selon Mgr Fellay, le Pape peut donc se tromper dans son enseignement public portant sur la foi et les mœurs sauf s’il décide d’user de son infaillibilité en faisant appel à l’assistance du Saint Esprit. C'est ainsi que Mgr Fellay considère et enseigne que cette assistance du Saint Esprit aurait été promise à Saint Pierre et à ses successeurs à la seule condition qu’ils en fassent eux-mêmes la demande ! Ce serait une sorte d’assistance sur commande qui permettrait ainsi au Vicaire de Notre Seigneur de faire et d’enseigner ce qui bon lui semble le reste du temps !

Le Saint-Esprit serait, en fait, aux ordres du Pape !

Et a priori, depuis son élection en 2005, Benoît XVI n’a pas encore pensé à saisir le Saint-Esprit pour qu’il lui transmette l’Infaillibilité. Benoît XVI semble prendre son temps. Il doit avoir sans doute des préoccupations plus urgentes… Ou peut-être a-t-il égaré le mode d’emploi ?

 
Mais comment ne pas voir là l’aberration de telles positions qui vont à l’encontre du Magistère ?
Un catholique ne peut que frémir en entendant de telles fables dans la bouche d’un évêque !
 

Que nous dit, en effet, l’enseignement de l’Église à ce propos ?

« Au cours de tant de siècles, aucune hérésie ne pouvait souiller ceux qui étaient assis sur la chaire de Pierre, car c’est le Saint-Esprit qui les enseigne » (Pape Saint Léon 1er - Sermon 98).

« Le Fils de Dieu et Rédempteur du genre humain, Notre-Seigneur Jésus-Christ, sur le point de retourner à son Père céleste, a promis d'être avec son Église militante sur la terre, tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles. (…) C’est pourquoi, elle [l’Église] ne peut s'abstenir en aucun temps d'attester et de prêcher la vérité de Dieu qui guérit toutes choses, car elle n'ignore pas que c'est à elle qu'il a été dit : Mon Esprit qui est en toi et mes paroles que j'ai posées en ta bouche ne s'éloigneront jamais de ta bouche, maintenant et pour l'éternité (Is. LIX, 21)" » (Concile Vatican I - Constitution Dogmatique Dei Filius).

Pie IX

Pie IX

« [Les Pères vénérés et les saints docteurs orthodoxes] savaient parfaitement que ce siège de Pierre demeurait pur de toute erreur, aux termes de la promesse divine de notre Seigneur et Sauveur au chef de ses disciples : " J'ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères " [Lc 22, 32].

Ce CHARISME DE VÉRITÉ ET DE FOI À JAMAIS INDÉFECTIBLE a été accordé par Dieu à Pierre et à ses successeurs en cette chaire, afin qu'ils remplissent leur haute charge pour le salut de tous, afin que le troupeau universel du Christ, écarté des nourritures empoisonnées de l'erreur, soit nourri de l'aliment de la doctrine céleste, afin que, toute occasion de schisme étant supprimée, l'Église soit conservée tout entière dans l'unité et qu'établie sur son fondement elle tienne ferme contre les portes de l'enfer » (Concile Vatican I - Constitution Apostolique Pastor Æternus).

Compte tenu de certaines fausses et restrictives interprétations du Dogme de l’Infaillibilité, Mgr d'Avanzo, le rapporteur de la Députation de la Foi du Concile Vatican I tint à souligner :

« L'Église est Infaillible dans son magistère ordinaire, qui est exercé quotidiennement principalement par le pape, et par les évêques unis à lui, qui pour cette raison sont, comme lui, infaillibles de l'infaillibilité de l'Église, qui est assistée par le Saint-Esprit tous les jours » (Mansi, 52, 1193).

Quelques années après le Concile Vatican I, Pie IX fustigea les catholiques libéraux dans sa Lettre Per tristissima du 6 mars 1873 en disant notamment ceci : « Ils se croient plus sages que cette Chaire à laquelle a été promis un secours divin, spécial et PERMANENT ». 

 
Le Magistère nous enseigne donc que la Chaire de Pierre jouit d’une assistance permanente du Saint-Esprit et non, comme Mgr Fellay le prétend, d’une assistance occasionnelle et sur demande.
 

Voici encore quelques citations extraites de l’enseignement des papes :

« Et ces Pontifes, qui osera dire qu’ils aient failli, même sur un point, à la mission qu’ils tenaient du Christ, de confirmer leurs frères dans la Foi ? » (Benoît XV dans Principi Apostolorum du 5 octobre 1920)

« L'Évangile nous apprend que le Seigneur a prié pour Pierre, lorsqu'il a dit au moment de sa Passion : “J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; à ton tour, confirme tes frères”. Par là il insinuait manifestement que les successeurs de Pierre ne dévieraient PAS UN SEUL INSTANT de la foi catholique, mais que bien plutôt ils y ramèneraient les autres, qu'ils y affermiraient les esprits vacillants ; et en lui accordant ainsi la puissance de confirmer ses frères, il imposait à ceux-ci l'obligation d'obéir à Pierre » (Pape Grégoire VII dans Ad Patriarcham Constantinopolitanum).

« Quelqu’un sera-t-il donc assez fou pour oser penser que la prière de celui pour qui vouloir c’est pouvoir, puisse être sans effet sur un point ? Le Siège du prince des apôtres de l’Église romaine, n’a-t-il pas, soit par Pierre lui-même, soit par ses successeurs, condamné, réfuté et vaincu toutes les erreurs des hérétiques ? N’a-t-il pas confirmé les cœurs des frères dans la foi de Pierre, qui jusqu’à maintenant n’a pas failli et qui, jusqu’à la fin ne faillira pas ? » (Pape Léon IX dans sa Lettre In terra pax du 2 septembre 1053).

 
Mgr Fellay fait visiblement partie de ceux qui sont « assez fous » non seulement pour le penser mais aussi pour l’enseigner !
 

Saint Alphonse de Liguori Les 4 pseudo-théologiens de la FSSPX s’exhibant fièrement à la loggia du Saint Office au Vatican Mgr Fellay, grand chef des « croisés », qui s’apprête à lancer sa 4e « croisade » !

Saint Alphonse de Liguori – Les 4 pseudo-théologiens de la FSSPX s’exhibant fièrement à la loggia du Saint Office au Vatican (copie d'écran sur LPL) – Mgr Fellay, grand chef des « croisés », qui s’apprête à lancer sa 4e « croisade » !

 
« Ceux-là sont la peste et la ruine de l’Église qui prétendent et veulent que le Pasteur suprême puisse errer dans ses jugements en matière de foi » (Saint Alphonse de Liguori)
 

En conclusion de son sermon de Toulouse, Mgr Fellay a fait preuve d’une stupéfiante et impie désinvolture à l’égard du Dogme de l’Infaillibilité en déclarant ceci :

« Le Bon Dieu ne nous demandera pas, à la fin de notre vie : ‘alors il était pape ou il n’était pas pape ? ».

Comme si l’obligation de suivre les véritables et légitimes pasteurs n’était pas une nécessité pour garder la foi et donc sauver son âme !

Dans sa Bulle infaillible Unam Sanctam (18 novembre 1302), Boniface VIII ne définit-il pas, en effet, qu’« il est absolument nécessaire au salut pour toute créature humaine d’être soumise au Pontife romain » ? Il est donc indispensable de savoir si Benoît XVI est pape ou non.

 
Par son impiété et ses mensonges publics, cet évêque fourbe est vraiment devenu un scandale pour les âmes !
 

Encore une fois, Mgr Fellay ne s’embarrasse point ici du principe de non-contradiction. En effet, si cela est finalement si peu important aux yeux du Bon Dieu de savoir si l’actuel occupant du Siège de Pierre est véritablement le Chef de l’Église ou un imposteur, un antipape, pourquoi Mgr Fellay insiste-t-il donc si fortement pour convaincre les clercs et les fidèles de l’impossibilité absolue que Benoît XVI ne soit pas « pape » ?

Une telle insistance de la part de Mgr Fellay préférant nier le Magistère sur l’Infaillibilité de l’Église et du Pape pour pouvoir soutenir la légitimité et l’autorité de Benoît XVI, ne révèle-t-elle pas autre chose ? Un pacte secret avec le Vatican ?

Il est légitime de se poser la question. Car, malgré son attitude d’opposition apparente envers l’église Conciliaire, la reconnaissance que la FSSPX accorde au locataire du Vatican ne permet-elle pas, de fait, de conforter cette autorité moderniste et apostate qui, depuis Rome, prétend gouverner l’Église ? N’était-ce pas là, précisément, le but occulte de la franc-maçonnerie révélé notamment par Crétineau-Joly, à la demande du Pape Pie IX, dans son ouvrage L’Église romaine en face de la révolution : « …Nous devons arriver… au triomphe de la révolution par un pape… Que le clergé marche sous votre étendard en croyant marcher sous la bannière des Clefs Apostoliques ».

Pourquoi, en effet, s’employer avec un tel acharnement à faire reconnaître, par ses prêtres, ses fidèles et toutes les communautés amies, la légitimité des autorités conciliaires sous peine d’être réduit au silence, traités avec mépris ou exclus comme un malpropre ?

« La vérité est seule tolérante et ne persécute jamais personne, elle se borne à empêcher de faire le mal. L’erreur est essentiellement intolérante et dès qu’elle se sent en force, école, parti ou secte, elle tient à manifester sa puissance en supprimant ses adversaires, en les injuriant, surtout en les empêchant de parler. Le droit de parler, très préconisé des libéraux, au point qu’ils l’inscrivent dans la constitution et en font l’élément privilégié du parlementarisme, ne leur paraît acceptable que s’il leur assure les immunités de monologue et empêche toute critique. L’objet qui leur plaît le plus, c’est l’encensoir pour eux, et, pour leurs adversaires, des chaînes ou le bâillon » (Mgr Fèvre, Histoire critique du catholicisme libéral, p. 546).

 

Mgr Lefebvre s’était pourtant plusieurs fois interrogé sur la possibilité d’être face à un antipape, hypothèse qu’il n’excluait pas :

« S'il nous apparaît certain que la foi enseignée par l'Église pendant vingt siècles ne peut contenir d'erreur, nous avons beaucoup moins l'absolue certitude que le pape soit vraiment pape. L'hérésie, le schisme, l'excommunication ipso facto, l'invalidité de l'élection sont des causes qui éventuellement peuvent faire qu'un pape ne l'ait jamais été ou ne le soit plus. Dans ce cas, évidemment très exceptionnel, l'Église se trouverait dans une situation semblable à celle qu'elle connaît après le décès d'un souverain pontife.

Comment un pape, vrai successeur de Pierre, assuré de l'assistance de l'Esprit saint, peut-il présider à la destruction de l'Église, la plus profonde et la plus étendue de son histoire en l'espace de si peu de temps, ce qu'aucun hérésiarque n'a jamais réussi à faire ?

À cette question il faudra bien répondre un jour ». (Mgr Lefebvre, le 2 août 1976).

Mgr Marcel Lefebvre
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« Nous nous trouvons vraiment devant un dilemme grave, excessivement grave, qui je crois n’a jamais existé dans l’Église : Que celui qui est assis sur le siège de Pierre, participe à des cultes de faux-dieux. Je ne pense pas que ce soit jamais arrivé dans l’Histoire de l’Église.

Quelle conclusion devrons-nous tirer, peut-être dans quelques mois, devant ces actes répétés de communication à des faux cultes ? Je ne sais pas. Je me le demande. Mais il est possible que nous soyons dans l’obligation de croire que ce pape n’est pas pape.

Car il semble à première vue –  je ne veux pas encore le dire d’une manière solennelle et formelle – mais il semble à première vue – qu’il soit impossible qu’un pape soit hérétique publiquement et formellement.

Notre Seigneur lui a promis [au successeur de Pierre] d’être avec lui, de garder sa foi, de le garder dans la foi. Comment celui auquel Notre Seigneur a promis de le garder dans la foi définitivement et sans qu’il puisse errer dans la foi, peut-il en même temps être hérétique publiquement et quasi apostasier ? Voici un problème qui vous concerne tous, qui ne concerne pas moi seulement » (Mgr Lefebvre, le 30 mars 1986).

Par ailleurs, si l’on admet la position de Mgr Fellay et de la FSSPX qui, pour pouvoir reconnaître Benoît XVI comme « pape », falsifie le Magistère en professant qu’un pape peut, officiellement et publiquement, errer dans la foi, nous sommes bien obligés de nous poser cette grave et incontournable question : à quel moment allons-nous savoir si Benoît XVI parle infailliblement ou failliblement ? Comment pourrons-nous en être vraiment sûrs ? Quelle est l’autorité qui va nous « confirmer dans la foi » ? Devrons-nous attendre le jugement de Mgr Fellay ? Car, actuellement, c’est exactement ce qui se passe. Mgr Fellay prétend nous dire ce qui est catholique ou non dans l’enseignement que donne celui qu’il reconnait comme « pape ».

Bernard Fellay

Mais alors, si les papes sont infaillibles par intermittence dans leur enseignement relatif à la foi et aux mœurs, il faut alors que Mgr Fellay, lui, soit toujours infaillible pour pouvoir nous indiquer de manière certaine ce que nous devons croire ou pas croire et si nous pouvons suivre ou non cet enseignement !

Face à de telles prétentions impies, nous rappellerons ici les paroles de Pie XII : « Que, parmi vous, il n’y ait pas de place pour l’orgueil du « libre examen », qui relève de la mentalité hétérodoxe plus que de l’esprit catholique, et selon lequel les individus n’hésitent pas à peser au poids de leur jugement propre même ce qui vient du Siège Apostolique » (Vos omnes, 10 septembre 1957).

Pie XII

En outre, si un Pape n’est que très rarement infaillible en matière de foi comme le prétend la FSSPX et peut enseigner publiquement et de façon permanente des doctrines contraires à la foi, comment peut-il « confirmer ses frères dans la foi », mission dont il ne peut se départir un seul instant selon le Magistère infaillible de l’Église ?

Devons-nous également rappeler à Mgr Fellay l’Acte de Foi qu’il semble ne pas connaître ou peut-être ne pas comprendre :

« Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que Vous avez révélées et que Vous nous enseignez par Votre Église, parce que Vous ne pouvez ni Vous tromper, ni nous tromper ».

 
Aussi, en affirmant que l’Église, par la voix du Pape,
peut se tromper et donc nous tromper,
Mgr Fellay s’oppose au Dogme de l’Infaillibilité et à l’Acte de Foi !
 

« Rien ne saurait être plus dangereux que ces hérétiques qui, conservant en tout le reste l'intégrité de la doctrine, par un seul mot, comme par une goutte de venin, corrompent la pureté et la simplicité de la foi que nous avons reçue de la tradition dominicale, puis apostolique » (Auctor, Tractalus de Fide Orthodoxa contra Arianos)…

Celui qui, MÊME SUR UN SEUL POINT, refuse son assentiment aux vérités divinement révélées, très réellement ABDIQUE TOUT À FAIT LA FOI, puisqu'il refuse de se soumettre à Dieu en tant qu'il est la souveraine vérité et le motif propre de foi » (Léon XIII, Satis Cognitum, le 29 juin 1896).

—II— La crise dans l’Église ? Un « mystère » pour Mgr Fellay !

En ce qui concerne la crise dans l’Église, Mgr Fellay déclare ne pas comprendre ! Selon lui, nous sommes dans une « situation nébuleuse », « l’Église est dans le désert » et « le grand danger est d’envoyer tout promener » (sic !).

À propos de la prochaine rencontre interreligieuse à Assise prévue au mois d’octobre, Mgr Fellay a déclaré : « On va réparer, mais on ne va pas tout envoyer en l’air » (re-sic !), « il faut prier plus » et il ajouta : « Je vais encore lancer une croisade » !

Mgr Fellay a donc fait part, sans trop de convictions toutefois, de son projet de lancer une 4e « croisade ».

Dans ce même sermon, il s’interrogea : « qu’est-ce qui se passe dans l’Église ? ».

« C’est un mystère ! » assura-t-il benoîtement, tel le cancre du fond de la classe qui ne parvient pas à résoudre une équation à deux inconnues.

Un « mystère ». C’est ce que Mgr Fellay répète depuis quelques temps dans tous ces déplacements. C’est ce qu’il déclara notamment lors de son passage à Paris le 9 janvier dernier dans le cadre du Congrès Si si no no [[iv]]  ou au Séminaire Saint Thomas d’Aquin (USA) début février [[v]].

Cela lui permet ainsi de ne pas trop s’étendre sur les actes et déclarations de Benoît XVI qu’il ne cesse de présenter fallacieusement comme désireux, « au fond de son cœur », de « restaurer la Tradition » (?!).

Mgr Fellay est prêtre depuis 29 ans et évêque depuis 23 ans. Il dirige la FSSPX depuis 1994, mais il n’a toujours rien compris à la crise de l’Église et aux objectifs poursuivis par les « antichrists » qui occupent Rome. Cela reste pour lui un « profond mystère » (?!).

Mais quelle formation a-t-il reçu ? N’a-t-il jamais entendu parler du complot des sociétés secrètes contre l’Église ? N’a-t-il jamais étudié les méthodes et la dialectique utilisées par les agents de celles-ci pour parvenir à leur fin ? N’a-t-il jamais médité sur les « deux étendards » ?

Ne connaît-il pas le Traité du Saint-Esprit de Mgr Gaume et la lutte entre la Très Sainte Vierge Marie et Satan ?

N’a-t-il jamais lu non plus « LA CONJURATION ANTICHRETIENNE, Le Temple Maçonnique voulant s’élever sur les ruines de l’Église Catholique » de Mgr Delassus où sont expliqués en détails les assauts des troupes sataniques pour détruire l’Église ?

Les enseignements et avertissements de l’Église ont pourtant toujours été clairs et nombreux sur les manœuvres et le but ultime des ennemis de l’Église. En voici quelques uns :

Le 19 septembre 1846, Notre Dame, à La Salette, nous mettait en garde :

« L’Église aura une crise affreuse (…) Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist. L’Église sera éclipsée, le monde sera dans la consternation ».

Notre Dame de la Salette

« D'après l'enseignement des apôtres, dit la voix des siècles, un jour viendra où Satan, plein de rage contre Jésus-Christ et les chrétiens, regagnera le terrain qu'il a perdu, affermira son règne et l'étendra au loin. Alors il se jettera sur Rome, parce qu'elle est sa rivale et le séjour des Pontifes. Il s'en rendra maître, chassera le Vicaire de Jésus-Christ, persécutera les vrais fidèles et égorgera les religieux et les prêtres » (Cornelius a Lapide, Suarez, saint Robert Bellarmin. Cité par Mgr Gaume, La Situation, 1860).

« Le Christ a permis ceci : que l’Antéchrist, tête de tous les schismatiques, siègerait dans le temple de Dieu, que les siens (les vrais chrétiens) seraient exilés, et que ceux qui ne sont pas les siens occuperaient un jour le siège de Pierre. » (Pierre le vénérable, neuvième abbé de Cluny, De miraculis libri duo, livre II, ch.16; Bol. T.14, page 473).

En 1884, Léon XIII (qui condamna la Franc-Maçonnerie dans son Encyclique Humanus Genus) publia l’Exorcisme contre Satan et les anges apostats dont voici quelques extraits :

« L'Église, épouse de l'Agneau Immaculé, la voici saturée d'amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu'elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ; en sorte que le Pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé ».

Léon XIII

Saint Pie X, lui-même, n’a cessé de dénoncer et de mettre en garde contre les infiltrations modernistes au sein de l’Église et contre la volonté acharnée des ennemis de l’Église à vouloir s’emparer de l’Église :

« Les artisans d’erreurs, il n’y a pas à les chercher aujourd’hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent, et c’est un sujet d’appréhension et d’angoisse très vive, dans le sein même et au cœur de l’Église… Ce n’est pas du dehors, en effet, c’est du dedans qu’ils trament sa ruine ; le danger est aujourd’hui presque aux entrailles mêmes et aux veines de l’Église » (Encyclique Pascendi du 8 septembre 1907).

Saint Pie X

Le Cardinal Pie, évêque de Poitiers (1815-1880) écrivait :

« Mais ce qui est certain, c'est qu'à mesure que le monde approchera de son terme, les méchants et les séducteurs auront de plus en plus l'avantage. On ne trouvera quasi plus de foi sur la terre, c'est-à-dire elle aura presque complètement disparu de toutes les institutions terrestres. Les croyants eux-mêmes oseront à peine faire une profession publique et sociale de leurs croyances. La scission, la séparation, le divorce des sociétés avec Dieu, qui est donné par saint Paul comme un signe précurseur de la fin, “nisi venerit discessio primum” ira se consommant, de jour en jour. L'Église, société sans doute toujours visible, sera de plus en plus ramenée à des proportions simplement individuelles et domestiques. Elle, qui disait à ses débuts : Le lieu m'est étroit, faites-moi de la place où je puisse habiter : Angustus mihi locus, fac spatium ut habitem, elle se verra disputer le terrain pied à pied, elle sera cernée, resserrée de toutes parts : autant les siècles l'avaient fait grande, autant on s’appliquera à la restreindre. Enfin, il y aura pour l'Église de la terre comme une véritable défaite, il sera donné à la Bête de faire la guerre avec les saints et de les vaincre. L'insolence du mal sera à son comble » (Œuvres, Ed. Oudin, 1873, 4e édition).

Mgr Lefebvre a dénoncé, lui aussi, le complot contre l’Église et la Papauté :

« La pénétration du libéralisme dans toute la hiérarchie et jusqu’à la papauté elle-même, impensable il y a deux siècles, fut néanmoins pensée, prédite et organisée dès le début du siècle dernier par la franc-maçonnerie ».

« Ce plan est d’inspiration diabolique et de réalisation diabolique ! Mais ce ne sont pas seulement les ennemis de l’Église qui l’ont révélé, ce sont aussi les papes qui l’ont très explicitement dévoilé et prédit ».

« Le complot de la secte libérale contre l’Église » a consisté « à monter à l’assaut de l’Église en utilisant sa hiérarchie, en la pervertissant jusqu’au plus haut degré » (Mgr Lefebvre dans Ils l’ont découronné).

   Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer
Crédit photo: http://www.traditio.com/comment/com0703zc.jpg

Mgr Fellay a-t-il oublié la déclaration que Mgr de Castro-Mayer, co-consécrateur de son sacre, a fait à Écône le 25 juin 1988 ?

« Mais où est le chef visible de l’Église ? Nous ne pouvons accepter comme chef visible de l’Église celui qui pose d’un même côté les divinités païennes et Notre Seigneur Jésus-Christ. Ce n’est pas possible ! ».

A-t-il oublié aussi cette fameuse lettre au cardinal Gantin [[vi]] ? Il est vrai que, depuis 1988, plusieurs des signataires se sont parjurés !

Dans moins d’un mois, nous fêterons le 20ème anniversaire de la mort de Mgr Lefebvre.

Étrangement (mais est-ce bien étrange ?), rien n’est annoncé sur aucun site de la FSSPX, alors que sont déjà parues les annonces de la « présence effective de Mgr Fellay » (sic !) à la prochaine Université d’été de la FSSPX à Saint Malo [[vii]] au mois d’août ainsi qu’aux « onzièmes journées de la Tradition à Villepreux » [[viii]] au mois d’octobre !  

Plaque funéraire de Mgr Lefebvre
Crédit photo: archive pesonnelle

Mgr Fellay serait-il prêt à réactualiser cette lettre au cardinal Gantin et à l’adresser directement à Benoît XVI ? Cela ne permettrait-il pas, à la veille du renouvellement du scandale d’Assise, de prouver sa fidélité à ses deux consécrateurs et à leur combat ? Pourquoi ne se réunirait-il pas avec les trois autres évêques devant le tombeau de Mgr Lefebvre pour relire solennellement cette lettre-déclaration ?

Malgré tous ces enseignements, Mgr Fellay ne comprend toujours pas la crise dans l’Église. Il ne comprend pas que Joseph Ratzinger est bien un de ces modernistes au langage double que Saint Pie X désignait comme les « pires ennemis de l’Église » en nous demandant de les démasquer et de les combattre.

 
Mgr Fellay refuse ainsi d’admettre qu’un non catholique, un apostat comme Benoît XVI NE PEUT PAS être le Vicaire du Christ et que l’église Conciliaire N’EST PAS l’Église Catholique.
 

Les actes d’apostasie de Jean-Paul II, sa visite à la Synagogue de Rome mais surtout la convocation de la réunion d’Assise en 1986 avaient poussé Mgr Lefebvre à s’attaquer encore plus fermement au chef du Vatican en s’interrogeant sur sa légitimité. Il ira même jusqu’à proclamer que « la Chaire de Pierre et les postes d’autorité de Rome » étaient « occupés par des antichrists ». C’est en 1986 qu’il décida de sacrer des évêques pour « continuer l’Église » et à partir des sacres de 1988 il cessa tout rapport avec la Rome moderniste.

Plus de vingt après, placé dans une situation semblable et même plus dangereuse en raison des actes de séduction développés par l’Ennemi moderniste, Mgr Fellay persiste, au contraire, à légitimer ses « discussions » avec ces « antichrists » à l’égard desquels il entretient une déférence obséquieuse absolument indécente et criminelle pour les âmes, se contentant de déplorer seulement leurs actes et déclarations qu’il dit ne pas « comprendre ». C’est pourquoi, il tient à discuter avec eux pour leur dire : « L’Église a enseigné ça. Vous, vous dites ça. Alors, dites-nous, expliquez-nous ? » (Sermon du 20 février 2011).

Avec un tel comportement d’innocent à l’égard de l’ennemi, Mgr Fellay ne tiendrait pas plus d’une journée à la tête d’une véritable croisade !

Bernard Fellay et Joseph Ratzinger

Non, la désorientation diabolique à laquelle Mgr Fellay participe lui-même, par ses fausses doctrines et ses « discussions » avec les modernistes, n’est pas un « mystère » ! Elle est l’œuvre des ennemis de l’Église auxquels il a fait allégeance en leur reconnaissant une légitimité et une autorité qu’ils n’ont pas et qui, depuis plus de 2000 ans, poursuivent sans relâche le projet diabolique de leur Père Lucifer, celui d’anéantir l’Église en s’acharnant aujourd’hui, par tous les moyens, à faire disparaître ou à neutraliser tous les noyaux où se transmettent encore les VRAIS sacrements.

Elle est aussi la preuve de la trahison par Mgr Fellay du combat commencé et non fini par Mgr Lefebvre.

In Christo Rege

Résistance catholique



[vi] : Lettre ouverte à son Éminence le cardinal GANTIN, en 1988 Préfet de la Congrégation des Évêques :

 

     Éminence,

     Réunis autour de leur Supérieur général, les Supérieurs des districts, séminaires et maisons autonomes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, pensent bon de vous exprimer respectueusement les réflexions suivantes.

     Vous avez cru devoir, par votre lettre du 1e juillet passé, faire savoir à Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre, à Son Excellence Monseigneur Antonio de Castro Mayer et aux quatre évêques qu'ils ont consacrés le 30 juin dernier à Écône, leur excommunication latæ sententiæ. Veuillez vous-mêmes juger de la valeur d'une telle déclaration venant d'une autorité qui, dans son exercice, rompt avec celle de tous ses prédécesseurs jusqu'au pape Pie XII, dans le culte, l'enseignement et le gouvernement de l'Église.

     Pour nous, nous sommes en pleine communion avec tous les papes et tous les évêques qui ont précédé le Concile Vatican II, célébrant exactement la messe qu'ils ont codifiée et célébrée, enseignant le catéchisme qu'ils ont composé, nous dressant contre les erreurs qu'ils ont maintes fois condamnées dans leurs encycliques et leurs lettres pastorales. Veuillez donc juger de quel côté se trouve la rupture. Nous sommes extrêmement peinés de l'aveuglement d'esprit et de l'endurcissement de cœur des autorités romaines.

     En revanche, nous n'avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d'Église Conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missæ, l'œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. Oui, nous n'avons aucune part, nullam partem habemus, avec le panthéon des religions d'Assise ; notre propre excommunication par un décret de votre Éminence ou d'un autre dicastère n'en serait que la preuve irréfutable. Nous ne demandons pas mieux que d'être déclarés ex communione de l'esprit adultère qui souffle dans l'Église depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. Nous croyons au seul Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, et nous serons toujours fidèles à Son unique Épouse, l'Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine.

     Être donc associés publiquement à la sanction qui frappe les six évêques catholiques, défenseurs de la foi dans son intégrité et son intégralité, serait pour nous une marque d'honneur et un signe d'orthodoxie devant les fidèles. Ceux-ci ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s'adressent ne sont pas de la communion d'une contrefaçon d'Église, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste. Unis à ces fidèles, nous faisons nôtres les paroles du prophète (1 Rois, vii, 3) : Preparate corda vestra Domino et servite Illi Soli : et liberabit vos de manibus inimicorum vestrorum. Convertimini ad Eum in toto corde vestro, et auferte deos alienos de medio vestri. “Attachez fermement votre cœur au Seigneur et servez-le Lui Seul : et Il vous délivrera des mains de vos ennemis. C'est de tout Notre cœur que vous devez revenir à Dieu ; ôtez du milieu de vous les dieux étrangers”

     Confiants dans la protection de Celle qui a terrassé toutes les hérésies dans le monde entier, nous vous prions d'agréer, Éminence, l'assurance de notre dévouement à Celui qui est l'unique voie de salut.

A Ecône, le 6 juillet 1988

 

Suivent les signatures du Supérieur général, de tous les Supérieurs de districts de séminaires et maisons autonomes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans le monde entier :

M. l'abbé Franz Schmidberger, supérieur général,

MM. les abbés Paul Aulagnier, supérieur du district de France,

Franz-Joseph Maessen, supérieur du district d'Allemagne,

Edward Black, supérieur du district de Grande-Bretagne,

Anthony Esposito, supérieur du district d'Italie,

François Laisney, supérieur du district des États-Unis,

Jacques Emily, supérieur du district du Canada,

Jean-Michel Faure, supérieur du district du Mexique,

Gérard Hogan, supérieur du district d'Australie et Nouvelle-Zélande,

Alain Lorans, directeur du séminaire d'Écône,

Jean-Paul André, directeur du séminaire de Flavigny,

Paul Natterer, supérieur du séminaire de Zaitzkofen,

Andrés Morello, supérieur du séminaire de La Reja,

William Welsh, directeur du séminaire de la Sainte-Croix en Australie,

Michel Simoulin, recteur de l'institut Saint-Pie X à Paris,

Patrice Laroche, sous-directeur du séminaire d'Écône,

Philippe François, supérieur de la maison autonome de Belgique et du Luxembourg,

Roland de Mérode, supérieur de la maison autonome des Pays-Bas,

Georg Pfluger, supérieur de la maison autonome d'Autriche,

Guillaume Devillers, supérieur de la maison autonome d'Espagne,

Philippe Pazat, supérieur de la maison autonome du Portugal,

Daniel Couture, supérieur de la maison autonome d'Irlande,

Patrick Groche, supérieur de la maison autonome du Gabon,

Franck Peek, supérieur de la maison autonome d'Afrique australe.

Source: Abbé Juan Carlos Ceriani : (Lettre ouverte à son Éminence le cardinal Gantin, Préfet de la Congrégation des Évêques. Écône, 6 juillet 1988, Fideliter N° 64. Juillet-Août 1988, pages 11-12. Le Sel de la terre, N° 25).