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L’abbé de Cacqueray, la Franc-Maçonnerie et Benoît XVI

 

Dans un communiqué[1] daté du 13 mai 2010, l’abbé de Cacqueray, Supérieur du District de France de la FSSPX, dénonçait la présence de deux prélats conciliaires (le Cardinal Barbarin et Mgr Descubes) à des conférences organisées par la Franc-Maçonnerie, ce qui ‟donne une illustration supplémentaire de la trahison de la Foi”.

Il est singulier de constater que l’abbé Cacqueray ne remarque et ne dénonce qu’en 2010 les accointances des plus hauts dignitaires de l’église Conciliaire de France avec la Franc-Maçonnerie alors que celles-ci sont connues depuis des années.

En 1948, Jules Isaac fondait l’Amitié Judéo-Chrétienne de France (AJCF). Jules Isaac, autrefois co-auteur connu des célèbres manuels scolaires Malet-Isaac, est aujourd’hui plus particulièrement familier aux catholiques qui étudient la déclaration conciliaire Nostra Ætate.

Son livre ‟Jésus Israël”, véritable brûlot contre l’Église catholique, fait toujours référence. Voici ce que l’on peut lire dans le chapitre ‟Un Christianisme revu et corrigé par le judaïsme” du livre ‟Mystères et secrets du B’naï B’rith” présenté par Emmanuel Ratier (Facta, 1993), p. 115 :

Dès 1941, pour pallier à son activité forcée, [Jules Isaac] s’est attelé à une étude sur les divergences entre les textes évangéliques et leur enseignement, qui présentent, selon lui, une version déformée du judaïsme. La première étude, Quelques considérations basées sur la lecture des Évangiles, rédigée en 1941 avec des rabbins et des membres du B’naï B’rith, aboutit finalement à Jésus et Israël, commencé en 1942-43”.

Aujourd’hui, la loge B’naï B’rith d’Aix-en-Provence (ville où Jules Isaac passa les dernières années de sa vie) s’appelle la Loge Jules Isaac.

Rappelons que les mots « b’naï b’rith » signifient en hébreu, « les fils du covenant », par « covenant » s’entend le rite de la circoncision pratiqué suivant la loi mosaïque. En 1843, un groupe de Juifs allemands dont le chef se cachait sous le nom d’emprunt Henry Jones, fonda à New-York un ordre maçonnique exclusivement juif, appelé : « L’Ordre indépendant des B’naï B’rith ».

L’amitié Judéo-Chrétienne de France, aujourd’hui présidée par madame le Pasteur Florence Taubmann, organise régulièrement des colloques en collaboration avec le B’naï B’rith. Citons seulement deux exemples :

-          En octobre 2006, l’AJCF et le B’naï B’rith France organisaient une manifestation commune intitulée ‟Judaïsme et Christianisme : un pas vers la reconnaissance mutuelle”.

-          Le dimanche 30 Novembre 2008, l’AJCF et le B’naï B’rith France organisaient un colloque sur ‟Judas” au Palais du Luxembourg à Paris.

Ces deux colloques ont fait l’objet de deux numéros de la revue Sens de l’AJCF :

-          le numéro 7/8 de 2007 dont le titre est ‟Vers une reconnaissance mutuelle

-          le numéro 9/10 de 2009 dont le titre est ‟Un homme nommé Judas”.

Les personnages suivant ont pris part au premier colloque :

-          Paul Thibaud de l’AJCF ;

-          Simon Midal du B’naï B’rith ;

-          Gérard Israël du CRIF ;

-          Sœur Geneviève Comeau [Sœur Xavière qui étudia un an au Jewish Theological Seminary de New York, le judaïsme] ;

-          Mgr Francis Deniau, évêque conciliaire de Nevers ;

-          Armand Abécassis ;

-          Rabbin P. Haddad ;

-          Le Cardinal conciliaire de Paris, André Vingt-Trois [celui n’était pas présent physiquement mais le colloque fut clôturé par un message[2] rédigé de sa main].

Quant au second colloque[3], voici également la liste des participants :

-          Alain Lellouch [président de la loge B’naï B’rith Ben Gourion à Paris et membre de du bureau du Groupe d’Amitié Judéo-Chrétienne de Paris] ;

-          Jean-Claude Eslin ;

-          Armand Abécassis ;

-          Sandrine Caneri ;

-          Gilbert Dahan ;

-          Yves Chevalier de l’AJCF ;

-          Florence Taubmann, pasteur et présidente de l’AJCF ;

-          Simon Midal du B’naï B’rith ;

-          Jacques Jacubert, président du B’naï B’rith France. [Dans son bref message de clôture du colloque, il dit : ‟Ici, nous avons ri, nous avons parlé, nous avons chanté, nous avons échangé, mais nous avons surtout atteint la centralité de l’homme, car Judas ne nous ramène-t-il pas à l’homme”].

L’AJCF, à travers sa revue Sens, se caractérise par son acharnement à faire table rase de ce que Jules Isaac appelait ‟l’enseignement du mépris”, et qui constitue en réalité l’enseignement traditionnel de l’Église Catholique envers les Juifs, pour le substituer à ‟l’enseignement de l’estime”, formule également de Jules Isaac, enseignement totalement nouveau, révolutionnaire et anti-catholique, prêché à tout-va par l’église Conciliaire, en particulier par le défunt Jean-Paul II et son successeur Benoît XVI.

Ceci n’empêche pas tous les principaux prélats de l’église Conciliaire de France, d’être les membres d’honneur de cette association impie dont les thèses épousent parfaitement – et pour cause – ceux des B’naï B’rith.[4]

En témoigne le troisième de couverture de la revue Sens où l’on y découvre, comme faisant partie du Comité d’Honneur de l’AJCF, les noms des cardinaux conciliaires André Vingt-Trois, Roger Etchegaray, Philippe Barbarin et Jean-Pierre Ricard.

Il est donc véritablement surprenant de voir l’abbé de Cacqueray s’indigner seulement en mai 2010 de la collaboration active des évêques conciliaires avec la Franc-Maçonnerie et ses suppôts.

L’abbé de Cacqueray oppose à l’attitude (certes inadmissible) des deux prélats français une déclaration du Cardinal Ratzinger, alors Préfet de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, datant de 1983. Nous voyons ainsi se répéter le schéma désormais classique qu’ont adopté les dirigeants de la FSSPX, à savoir opposer le faux restaurateur Benoît XVI et les évêques conciliaires. C’est la fable de la ‟nouvelle vague” opposée à la ‟première vague” que conta Mgr Fellay dans sa dernière Lettre aux Amis et Bienfaiteurs.

Malheureusement pour l’abbé de Cacqueray, Benoît XVI est lui aussi mouillé jusqu’au cou avec la Franc-Maçonnerie. Mais de cela, l’abbé de Cacqueray n’en dira pas un mot. Illustrons notre propos par seulement deux exemples :

-          En 1979, alors archevêque conciliaire, Ratzinger publie un article dans le numéro 40 de Renaissance Traditionnelle, une revue d’études maçonniques et symboliques.

-          Le 18 décembre 2006, Benoît XVI recevait, au Vatican, une délégation du B’naï B’rith International à laquelle il adressa un discours[5] que nous transposons intégralement ci-dessous :

Chers amis,

Je suis heureux de saluer votre délégation du B’nai B’rith International à l’occasion de sa visite au Vatican. A la suite de la promulgation de la Déclaration du Concile Vatican II Nostra Ætate, en 1965, les responsables du B’nai B’rith ont rendu visite au Saint-Siège en de nombreuses occasions. Aujourd’hui, dans l’esprit de compréhension, de respect et d’appréciation mutuelle qui se développe entre nos communautés, je vous souhaite la bienvenue et, à travers vous, à tous ceux que vous représentez.

Beaucoup a été accompli au cours des quatre dernières décennies de relations entre juifs et catholiques, et nous devons rendre grâce à Dieu pour la remarquable transformation qui a eu lieu sur la base de notre patrimoine spirituel commun. C’est ce riche héritage de foi qui permet à nos communautés non seulement d’entrer en dialogue, mais également d’être des partenaires en vue d’œuvrer ensemble au bien de la famille humaine. Notre monde en difficulté a besoin du témoignage de personnes de bonne volonté inspiré par la vérité, révélée dans la première page des Ecritures, selon laquelle tous les hommes et toutes les femmes sont créés à l’image de Dieu (cf. Gn 1, 26-27) et possèdent donc une dignité et une valeur inaliénables.

Les juifs et les chrétiens sont appelés à œuvrer ensemble à la guérison du monde, en promouvant les valeurs spirituelles et morales enracinées dans nos convictions religieuses. Si nous donnons un exemple clair de coopération fructueuse, notre voix, en répondant aux besoins de la famille humaine, sera d’autant plus convaincante.

A l’occasion de votre visite, je réitère mon espérance et ma prière inlassables pour la paix en Terre Sainte. La paix ne peut être réalisée que si elle devient à la fois la préoccupation des juifs, des chrétiens et des musulmans, exprimée dans un dialogue interreligieux authentique et des gestes concrets de réconciliation. Tous les croyants sont appelés à montrer que ce n’est pas la haine ni la violence, mais la compréhension et la coopération pacifique qui ouvrent la porte à un avenir de justice et de paix qui représente la promesse et le don de Dieu.

En ce temps saint, j’invoque cordialement sur vous et vos familles une abondance de Bénédictions divines. Shalom alechem !

Benoît XVI au milieu d’une délégation du B’naï B’rith International au Vatican en 2006.

Benoît XVI au milieu d’une délégation du B’naï B’rith International au Vatican en 2006.

Ce texte est tout bonnement abominable. Passant outre les condamnations des véritables papes, Benoît XVI engage l’Église à s’unir aux Juifs (et avec eux, les francs-maçons du B’naï B’rith) pour ‟guérir le monde”, ‟œuvrer ensemble au bien de la famille humaine” et ‟réaliser la paix”.

Rappelons les propos d’un véritable Souverain Pontife sur le seul moyen véritable d’atteindre la vraie paix :

‟La tâche qui s’impose avant toute autre, c’est la pacification des esprits. Il y a bien peu à attendre d’une paix artificielle et extérieure qui règle et commande les rapports réciproques des hommes comme ferait un code de politesse ; ce qu’il faut, c’est une paix qui pénètre les cœurs, les apaise et les ouvre peu à peu à des sentiments réciproques de charité fraternelle. Une telle paix ne saurait être que la paix du Christ : et que la paix du Christ apporte l’allégresse en vos cœurs (Col. III, 15) ; il ne peut y avoir de paix autre et différente que celle que le Christ donne lui-même aux siens (Jn XIV, 27), lui qui, comme Dieu, voit dans les cœurs (I Samuel XVI, 7) et règne dans l’intime des âmes. [...] L’Église, qui détient la vérité et le pouvoir du Christ, a seule mission de donner aux esprits la formation qui convient ; elle est aussi seule en mesure non seulement de rétablir aujourd’hui la véritable paix du Christ, mais encore de la consolider pour l’avenir en conjurant les menaces imminentes de nouvelles guerres que Nous avons signalées. [...]Il apparaît ainsi clairement qu’il n’y a de paix du Christ que par le règne du Christ, et que le moyen le plus efficace de travailler au rétablissement de la paix est de restaurer le règne du Christ. Aussi, lorsqu’il s’efforçait de tout restaurer dans le Christ, Pie X, comme par une inspiration divine, préparait cette grande œuvre du rétablissement de la paix, qui devait être le programme de Benoît XV.” (Pie XI, encyclique Ubi Arcano du 23 décembre 1922)

À la lecture de cette encyclique du pape Pie XI, on ne peut constater l’impiété des propos de Benoît XVI.

Rappelons maintenant ce que l’abbé de Cacqueray écrivait après avoir donné une description de la présence de deux prélats français à des réunions organisées par les loges :

‟La prise de parole de ces deux archevêques français à de telles réunions et à de telles conférences organisées par la franc-maçonnerie constitue un scandale d’une extrême gravité, qui donne une illustration supplémentaire de la trahison de la Foi par un évêque et par un cardinal, tous les deux en poste.

Bien que l’acceptation de ces invitations ne signifie pas l’appartenance à la franc-maçonnerie de ces deux prélats, elle est cependant inadmissible parce qu’elle accrédite l’idée que la franc-maçonnerie est une société honorable et fréquentable. Faut-il rappeler à  ces évêques que, sans qu’il y ait à faire de distinctions entre ses obédiences, la franc-maçonnerie a été stigmatisée par tous les papes comme une secte d’une perversion toute particulière, dont l’objectif vrai est la destruction de l’Église Catholique ?

Les thèmes de cette conférence et de ce dîner-débat, le principe de l’invitation au coude à coude de ces représentants des différentes « religions » appelés à parler sur pied d’égalité, le tout sous l’œil bienveillant des obédiences maçonniques sont des indices suffisants pour manifester que ce ne sont pas des témoignages de catholicisme que ces évêques sont allés porter mais des paroles mensongères et complices, ennemies de la Foi Catholique !”

Où sont les écrits de l’abbé de Cacqueray dénonçant le discours de Benoît XVI au B’naï B’rith ? Si la prise de parole de deux prélats français à des réunions organisées par des loges suscite des propos tels que ‟une illustration supplémentaire de la trahison de la Foi”, l’acceptation de ces invitations [...] est cependant inadmissible parce qu’elle accrédite l’idée que la franc-maçonnerie est une société honorable et fréquentable” ou encore ”ce ne sont pas des témoignages de catholicisme que ces évêques sont allés porter mais des paroles mensongères et complices, ennemies de la Foi Catholique !”, qu’est-ce que l’abbé de Cacqueray ne devrait-il pas alors dire sur les agissements de Benoît XVI, personnage autrement plus important que Barbarin et Descubes ?

L’hypocrisie est alors à son comble, lorsque l’abbé de Cacqueray ajoute : ‟Nous espérons que ces fautes publiques contre la Foi, véritables scandales pour les catholiques, seront sanctionnées comme elles méritent de l’être.”

De qui se moque-t-on ? Alors que tous les cardinaux français fricotent plus ou moins ouvertement avec les loges, que Benoît XVI reçoit au Vatican une des loges les plus perverses et visite à un rythme quasi annuel les synagogues, on se demande bien comment et par qui les scandales du Cardinal Barbarin et de Mgr Descubes pourraient être sanctionnés ?

Un autre scandale – mais tout aussi véritable que ceux des prélats conciliaires visitant les loges – est bien cet article de l’abbé de Cacqueray qui essaye d’opposer Benoît XVI aux évêques conciliaires, tout en laissant croire que Benoît XVI serait le rempart face aux loges et aux prélats maçons alors que ce dernier rencontre les représentants des loges et diffuse à plein tube une propagande mondialiste, justement si chère aux loges.

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Congrégation B’naï B’rith Jacob de Savannah aux États-Unis.

Congrégation B’naï B’rith Jacob de Savannah aux États-Unis.



[1] http://www.laportelatine.org/district/france/bo/episcFM100513/Cacqueray100513.php

[2] Ce message commençait ainsi : ‟Chers amis du B’naï B’rith et de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, au moment où vous tenez ensemble un Colloque sur le thème « Judaïsme et Christianisme : un pas vers la reconnaissance mutuelle », je voudrais, comme Archevêque de Paris, souligner l’importance de votre rencontre. Qu’apporte le Christianisme au Judaïsme, qu’apporte le Judaïsme au Christianisme ? S’il est possible aujourd’hui de regarder en face de telles interrogations, c’est sans nul doute grâce au chemin parcouru depuis soixante ans, chemin de reconnaissance mutuelle, de respect et de fraternité. Ce chemin a trouvé un de ses symboles les plus expressifs dans le geste posé par le Pape Jean-Paul II au Kotel de Jérusalem en l’an 2000. Au long de ce chemin, comment également ne pas évoquer la belle figure de Jules Isaac, l’un des pionniers qui a préparé avec audace les premiers pas des retrouvailles ? Comment ne pas faire mémoire du docteur Marc Aron, ancien président du B’naï B’rith de Lyon, et de l’énergie qu’il a déployée afin que soit établi sur le Mont Sion, à Jérusalem, un mémorial pour le Cardinal Albert Decourtray ? […]” (p. 472)

[3] On pourra lire une étude détaillée sur ce colloque ainsi qu’une courte biographie des principaux participants sur la page suivante : http://www.nostra-aetate.org/HTML_La-lettre-Serviam/2009/SERVIAM_021.html

[4] Joshua Jehouda, Jules Isaac, Bnai Brith, Congrès Juif Mondial : autant d'évidences que le Judaïsme mondial avait préparé depuis des années une campagne concertée, qui a abouti au vote récent du Concile. En réalité, derrière le déguisement d'unité œcuménique, de réconciliation religieuse et autres plausibles prétextes, son objet est la démolition du bastion du Catholicisme traditionnel, que Joshua Jehouda décrit comme "la forteresse décrépite de l'obscurantisme chrétien".” (Léon de Poncins, Le Judaïsme et le Vatican).

[5] http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2006/december/documents/hf_ben_xvi_spe_20061218_bnai-brith-intern_fr.html