Le 12 septembre 2009

Lettre ouverte à plusieurs de nos prêtres

« Combattez, enfants de lumière, vous petit nombre qui y voyez ;

car voici le temps des temps, la fin des fins.

L'Église sera éclipsée, le monde sera dans la consternation. »

(Notre Dame de La Salette)

            Messieurs les Abbés,

            Peut-être vous souviendrez-vous de ma lettre du 17 mars dernier. Je tiens à y ajouter ceci, car désormais, la mesure est comble, et les prêtres loyaux que vous êtes certainement doivent savoir que l’exaspération le dispute à la désolation dans l’esprit d’un nombre croissant de fidèles, qui se sentent à bon droit floués, voire trahis.

            L’abbé Celier a fait éditer et préfacer son livre « Benoît XVI et les Traditionalistes » par Jean-Luc Maxence, psychanalyste, gnostique notoire et (on le sait à présent) franc-maçon affilié à la Grande Loge de France. C’est là un fait aussi têtu que scandaleux, dont la révélation nécessaire – datant de juillet dernier – est due à un site Internet « excommunié » par la direction du District de France… Laquelle direction a du reste tout mis en œuvre pour diffuser ce livre le plus largement possible, ce qui n’a pas de quoi surprendre lorsqu’on sait qu’elle est dominée, volens nolens, par l’auteur du livre précité et quelques autres de ses confrères agissant avec pertinacité dans le même but que lui : le ralliement à la secte gnostique conciliaire. Comme par hasard, l’ouvrage n’est autre qu’un sournois plaidoyer pour le super-moderniste Benoît XVI et la « réintégration » de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans le giron de ce que l’auteur pense être l’Église ; en outre, le franc-maçon susmentionné, qui a révélé dernièrement son affiliation à la GLF dans un livre intitulé « La Loge et le divan », y prône le ralliement en question ; enfin, ledit personnage s’est d’abord signalé comme gnostique, tandis que l’abbé Celier a publié naguère sous pseudonyme un livre dans lequel il nie – contre toute évidence – la pérennité de la gnose et s’en prend à d’éminents pourfendeurs de celle-ci (Jean Vaquié et Étienne Couvert) avec une virulence et une mauvaise foi indignes de son habit.

Eu égard à ce qui précède, je voudrais vous poser les questions suivantes :

1.                  Est-il normal, selon vous, qu’un prêtre de la FSSPX ait pu – avec les encouragements et l’assistance de sa hiérarchie – faire publier et préfacer un livre pro-ralliement par un éditeur qui ne faisait déjà pas mystère de ses sympathies gnostiques avant de « sortir du placard » en révélant publiquement son affiliation maçonnique ?

2.                  Est-il normal, selon vous, que la direction du District de France, qui ne pouvait ignorer les convictions et les menées pour le moins hétérodoxes du sieur Jean-Luc Maxence, ait fait un démarchage forcené du livre de l’abbé Celier dans les prieurés de France ?

3.                  Est-il normal, selon vous, que Mgr Fellay – si prompt à persécuter, voire à remercier sèchement des prêtres tout dévoués à la poursuite de l’œuvre fondée par Mgr Lefebvre (le grand oublié de l’heure !) – continue à tolérer un clerc qui, depuis longtemps, démontre amplement par ses écrits et ses manœuvres troubles, mal dissimulés derrière de multiples pseudonymes, qu’il n’a rien à faire au sein de la Fraternité, en tout cas, telle que la concevait son fondateur et telle que nous sommes censés continuer à la percevoir ?

La situation décrite ci-dessus est si énorme, si invraisemblable qu’elle amène à soulever plusieurs points supplémentaires :

Le secret semble être devenu un mode de gouvernement ordinaire au sein de la Fraternité. Mgr Lefebvre ne cachait pas aux fidèles ses états d’âme, ses craintes, ses intentions, ses espoirs, ses démêlés avec Rome et même ses repentirs, d’où la confiance qu’il avait su mériter de leur part. Or, rien de tel aujourd’hui. On se contente d’annoncer au troupeau non seulement que les « discussions » avec Rome (dont l’innocuité, l’opportunité, voire le caractère providentiel sont censés aller de soi) se dérouleront dans le secret, mais également que sera tenue secrète aussi la liste des participants de la Fraternité à ces « discussions » ! Cela ne rappelle-t-il pas le fonctionnement des cercles occultes et tout-puissants que sont le Groupe Bilderberg ou le Forum de Davos, dont les membres (anonymes) prennent toutes les décisions importantes pour le monde dans le secret absolu ? Cela ne rappelle-t-il pas, pour tout dire, le fonctionnement traditionnel de la « secte des sectes » ? (voir ci-dessus).

            On est de plus en plus fondé à se demander de quels moyens de « persuasion » dispose l’abbé Celier – aidé de quelques confrères – pour dire, écrire et faire tout ce qu’il veut au nom de Menzingen et de Suresnes, par exemple en dictant la politique éditoriale des médias francophones de la Fraternité. C’est ainsi que le site Internet La Porte Latine se permet de censurer systématiquement les déclarations dans lesquelles ses responsables estiment que nos évêques ont manqué de respect à Benoît XVI et à son église conciliaire ! En outre, depuis que les grandes manœuvres de ralliement ont atteint leur allure de croisière, ce sont les propos de Mgr Lefebvre hostiles au brigandage de Vatican II et à ses instigateurs qui se trouvent expurgés du site en question ! Jusqu’où donc ira la désinformation pratiquée par ces éléments infiltrés ou dévoyés ?… Tous les fidèles ne sont cependant pas dupes, et beaucoup le font désormais savoir, au risque d’être dénoncés comme « irrespectueux », « désobéissants » et « sédévacantistes » (étiquette dénuée de fondement, mais à vocation hautement stigmatisante, à l’instar de l’étiquette « intégristes » qu’aiment à nous coller nos ennemis de l’extérieur), ou encore comme « ennemis de la charité », alors que la véritable charité passe par la vérité, y compris – en l’espèce – la dénonciation du scandale public et de ses auteurs, quels qu’ils soient, même lorsqu’ils sont valablement prêtres pour l’éternité.

            Il est un fait affligeant et maintes fois constaté : tous les mouvements de lutte contre-révolutionnaire finissent par subir des manœuvres d’entrisme et de noyautage plus ou moins couronnées de succès. L’Église une, sainte, catholique et apostolique est aujourd’hui éclipsée par les modernistes et les maçons qui ont réussi à infiltrer sa hiérarchie dès la mort de saint Pie X, et surtout depuis celle de Pie XII. Comment imaginer que la FSSPX, cette providentielle chaloupe de sauvetage du Sacerdoce catholique authentique, puisse être à l’abri de telles manœuvres, alors que sa seule existence gêne considérablement la contre-Église antéchristique et retarde la réalisation du projet de religion noachide que caressent les hauts initiés, y compris ceux du Vatican apostat ? Comment ne pas voir que ces manœuvres, désormais avérées, sont sur le point d’aboutir ? On connaît à présent le qui, le , le quand, le comment et le pourquoi. Allons-nous préférer garder les yeux fermés, de crainte d’être traités de « subversifs » par… les véritables subversifs, qui ont naturellement intérêt à nous enfermer dans l’aveuglement, la capitulation, l’obéissance mal comprise ? Ou bien allons-nous suivre l’exemple des clercs de la Fraternité – peu nombreux jusqu’ici – qui ont eu le courage d’affronter l’exclusion, la diabolisation et la précarité pour ne pas se soumettre à l’inacceptable et faire garder le cap à la Tradition catholique, seule garante du maintien de la Foi de toujours et du salut des âmes ? En tant que simple laïc et fidèle du rang, et pour autant que ceci ait la moindre importance, j’ai choisi d’avance mon camp, qui ne sera ni celui de la Fraternité Saint-Pierre et de Campos, ni celui de la GLF.

Veuillez agréer, Messieurs les Abbés, l’expression de ma filiale et déférente considération in Christo Rege et Maria Immaculata.

Un fidèle de la FSSPX