LES POSITIONS A GEOMETRIE VARIABLE DE LA FSSPX

ET

LA « CHASSE AUX SORCIERES »

CONTRE LES « RECALCITRANTS »

Mgr Tissier de Mallerais, le 30 avril 2006 dans un entretien accordé à The Remnant (revue américaine) :

« Je dirais qu’un jour, l’Église devra effacer ce concile. Elle n’en parlera plus. Elle devra l’oublier. L’Église se montrera sage si elle oublie ce concile. L’oublier, oui. En faire table rase (tabula rasa) ! » ;

Mr l’Abbé de Cacqueray, le 25 janvier 2009, sermon à Saint Nicolas du Chardonnet :

« L’état où se trouve l’Église, mes bien chers Frères, n’a pas pour origine de mauvaises interprétations du Concile, mais le Concile lui-même » (Le Chardonnet n°246 de mars 2009).

Bernard Fellay      Gif girouette       Régis de Cacqueray

Mgr Fellay, dans son communiqué du 10 mars 2009 :

« Loin de vouloir arrêter la Tradition en 1962, nous souhaitons considérer le Concile Vatican II et l’enseignement post-conciliaire à la lumière de cette Tradition que saint Vincent de Lérins a définie comme ‘‘ce qui a été cru toujours, partout et par tous’’ (Commonitorium), sans rupture et dans un développement parfaitement homogène ».

Après un tel désaveu, Mgr Tissier de Mallerais et l’abbé de Cacqueray vont-ils quitter la FSSPX ?

En effet, n’est-ce pas l’abbé Celier qui disait dans Monde et Vie du 31 janvier 2009 (n°806) :

« Je ne pense pas que ceux qui s’opposent aux décisions du Supérieur général appartiennent à la Fraternité Saint Pie X. Ils le prétendent, sans doute, ils essaient de le faire croire, mais ce n’est qu’une tromperie ».         

Ou alors, vont-ils enfin admettre la trahison de Mgr Fellay et demander publiquement sa démission ?

Mais le plus probable est que, si nous les interrogeons sur ces contradictions pourtant évidentes, ils nous répondront, suivant la dialectique que nous leur connaissons désormais, qu’il s’agit-là d’un simple « problème d’interprétation ». Un de plus !

Peut-être, nous objecteront-ils aussi qu’il faut lire leurs déclarations à la lumière de celle de Mgr Fellay ou lire celle de Mgr Fellay à la lumière des leurs ?

Et puis les fidèles n’ont pas à s’interroger. Car, c’est bien connu, les fidèles ne sont pas aptes à juger !

N’est ce pas, en effet, ce que nous assènent les clercs de la FSSPX dès qu’ils sont pris en défaut ? A peine sont-ils gênés par une question d’un fidèle qu’ils répliquent aussitôt (c’est là un réflexe qu’ils apprennent dès les premières années de séminaire !) que « les fidèles ne sont pas compétents » et doivent « rester à leur place » en « faisant confiance » aux prêtres.

« Ne cherchons pas à savoir » se permettent même de nous répondre d’autres !

La « chasse aux sorcières » envers les « récalcitrants » s’accentue

Lorsque Mgr Fellay publie un communiqué (10 mars 2009) ou écrit une Lettre aux fidèles (24 janvier 2009), l’adhésion de tous est obligatoire et doit être totale !

Relever légitimement dans les textes ou les discours des autorités de la FSSPX des incohérences, des changements d’orientation ou des mensonges est immédiatement assimilé à une « insubordination » ou à du « mauvais esprit ».

Tout est fait pour culpabiliser les fidèles et les bons prêtres dans leur jugement afin d’étouffer au plus tôt d’éventuelles réactions de leur part.

Leur bon sens est qualifié de « simplisme ». On essaiera de les mettre mal à l’aise en les faisant douter. On cherchera à les disqualifier par des mots ou des jugements tendancieux et péjoratifs.

L’abbé Radier (prieur de Marseille), par exemple, fustige les « grincheux » qui affirment que « l’Église est éclipsée » (Extrait de l’Acampado N°35 de février 2009) !

http://www.laportelatine.org/accueil/editos/2009/0903/0903.php

Les fidèles doivent accepter la parole de l’autorité (de la FSSPX) sans se poser de questions car, selon l’abbé Brunet (prieur de Toulouse), leur « regard trop humain » (?!) et leur « connaissance restreinte et univoque du sujet » (La Croix de Saint Gilles n°74, avril 2009 : http://la.croix.st.gilles.free.fr/Croix_Saint-Gilles/Annee_2009.html) ne leur permettent pas de tout comprendre.

A quoi bon leur écrire, alors ?

Craignant sans doute que ses fidèles fassent preuve d’un peu trop de discernement, l’abbé Brunet leur recommande de ne pas se « scandaliser de l’attitude et des paroles » de Mgr Fellay ou de Benoît XVI mais d’avoir « un regard de Foi sur les évènements auxquels nous assistons » (sic !).

Les fidèles doivent absolument se conformer à ce que pensent les supérieurs de la FSSPX qui nous sont présentés implicitement comme infaillibles. Et, si nos « pensées » diffèrent des leurs, nous devons estimer qu’elles « ne sont pas de Dieu » mais de « Satan » ! Pas moins !

S’opposant de manière éhontée aux paroles de Notre Dame à la Salette, pourtant rappelées maintes fois par Mgr Lefebvre, l’abbé Radier rejette la possibilité que l’Église puisse être « éclipsée » car, selon lui, « cette expression même laisse entendre que l'Église n'est plus visible ».

Voilà que maintenant la FSSPX se met à donner des leçons de théologie à la Très Sainte Vierge Marie !

Déjà, en mars 2007, l’abbé de la Rocque avait fustigé les « chantres de l’Église éclipsée » (annexe). De son côté, l’abbé Brunet affirme que c’est la « divinité » de l’Église qui est « cachée » !

Et, nous devrions rester silencieux devant des paroles aussi scandaleuses ?

L’impiété et l’orgueil de certains clercs n’a vraiment plus aucune limite !

Se taire et obéir, tels sont donc les mots d’ordre adressés aux fidèles !

Les prêtres et religieux se trouvent eux-mêmes tiraillés entre leur devoir d’obéissance et leur devoir de garder la foi.

Le summum de l’arrogance revient sans doute à l’abbé Delagneau (prieur de Notre Dame du Pointet) qui est un des plus explicites dans ses adjurations. Le responsable des Exercices de Saint Ignace à Notre Dame du Pointet nous avait habitués à beaucoup mieux.

Il est aujourd’hui aux ordres !

Abbé Alain Delagneau

- « Pour garder la paix de l'âme, il me semble qu'il y a déjà une attitude primordiale à garder : l'information vraie vient d'en haut, et elle nous est communiquée oralement ou par écrit par les prêtres du prieuré.

C'est l'ordre ! ».

Qu’on se le tienne pour dit : seule la voix du « petit soviet » et de sa « pravda » doit être écoutée.

Et, sus à ceux qui mettent en doute ou refusent de suivre la ligne du parti !

- « D'autre part, sachons discerner l'essentiel de l'accidentel. » pérore-t-il.

« - L'accidentel c'est tel prêtre ou tel laïc qui manifeste publiquement son désaccord ; c'est bien regrettable mais il ne représente que lui-même.

- L'essentiel c'est la pensée et l'attitude générales des supérieurs suivies par les prêtres dans son ensemble ».

Ces paroles misérables par leur suffisance montrent la dérive grandissante de la FSSPX.

La voix de la majorité semble être désormais considérée comme la voix de la vérité !

Des prêtres n’hésitent plus à désigner publiquement certains de leurs confrères comme des « brebis galeuses » et à les livrer à la vindicte populaire afin de les faire plier.

De plus, si l’on suit le raisonnement de l’abbé Delagneau, l’attitude de Mgr Lefebvre, du Père Guérard des Lauriers ou de l’abbé Coache qui ont refusé les nouvelles orientations du concile relevait donc également de « l’accidentel » !!

Pour la hiérarchie conciliaire aussi, souvenons-nous, ces figures de la résistance catholique ne représentaient qu’eux-mêmes…

- « Laissons les autorités de la Fraternité ; elles ont grâce d'état » nous dit encore le prieur du Pointet en conclusion de son article.

Mais, les quelques 2300 évêques réunis lors du concile Vatican II ne bénéficiaient-ils pas eux aussi des « grâces d’état » ?

Les fidèles et les simples prêtres (comme lui…) de la période conciliaire ne pensaient-ils pas également que leurs évêques avaient « grâce d’état » ?

Et pourquoi donc Benoît XVI ne bénéficierait-il pas de cette « grâce d’état », carence qui semble nécessiter, selon la FSSPX, d’urgentes « discussions doctrinales » avec lui ?

C’est avec de tels arguments fallacieux que la hiérarchie conciliaire a fait accepter insidieusement au clergé et aux fidèles les nouveautés conciliaires sous le faux prétexte de s’ouvrir au monde.

Ce sont aujourd’hui les mêmes méthodes utilisées par les autorités de la FSSPX et leurs clercs les plus serviles pour justifier leur ouverture à l’église Conciliaire.

Depuis fin janvier, nous assistons à une sorte de surenchère entre les clercs de la FSSPX.

Il y a comme une « compétition » entre eux. C’est à celui qui en dira le plus pour plaire à ses supérieurs et avoir l’insigne « honneur » d’être publié sur La Porte latine, le site officiel de désinformation du District de France.

Comme pour le Motu proprio, le dossier sur la « levée des excommunications » est régulièrement abreuvé de nouveaux articles. On y publie même des textes des Ecclesia Dei et des Conciliaires, minutieusement choisis, créant ainsi une confusion destinée à amener l’opinion impassible à accepter le ralliement à l’église Conciliaire.

La Porte Latine

Benoît XVI ne doit plus être critiqué.

La FSSPX se joint d’ailleurs désormais ouvertement aux initiatives des Ecclesia Dei et des Conciliaires. On retrouve ainsi, sur certains sites, le nom de l’abbé de Cacqueray aux côtés de ceux de "Mgr" Fort, de "Mgr" Aillet, de l’abbé Laguérie (IBP), du Supérieur de la Fraternité Saint Pierre, de Dom Louis Marie, Père abbé du Barroux…

Il les encourage dans leur démarche et appelle à signer leur « lettre de soutien à Benoît XVI » : http://www.soutienabenoitxvi.org/ !! 

Pour mieux conditionner les fidèles, tous les moyens de désinformation sont utilisés : l’information tendancieuse, le mensonge, la déformation du vrai, le mélange vrai-faux, le commentaire appuyé, les vérités sélectionnées, l’omission de certains faits susceptibles de venir contredire l’image que l’on veut donner de Benoît XVI, l’extrapolation de certains faits mineurs ou l’atténuation d’autres plus gênants, la contre-vérité non vérifiable, etc. …

Nous donnerons deux exemples caractéristiques de cette désinformation :

- Les autorités conciliaires ne sont plus présentées comme des « ennemis » mais comme des personnes « victimes de leur formation moderniste » (?!), artifice qui permet à La FSSPX d’invoquer la « nécessité » d’engager avec Rome des « discussions doctrinales » et ainsi de dissimuler son ralliement.

- Afin de donner une « caution morale » à leurs « pourparlers » avec la Rome moderniste, les autorités de la FSSPX (comme l’ont fait tous les groupes Ecclesia Dei !) mettent en avant le fait que le 5 mai 1988 Mgr Lefebvre avait signé un « protocole d’accord » avec le "cardinal" Ratzinger, mais elles omettent (volontairement !) de préciser que, dès le lendemain, après avoir passé une nuit de tourments, Mgr Lefebvre avait retiré sa signature et refusé , à partir de là, toute discussion avec la Rome des « antichrists » !

Ce matraquage organisé méthodiquement est clairement destiné à annihiler le jugement des fidèles et des prêtres.

Dans son éditorial du mois d’avril 2009, (Le Chardonnet n°247), Mr l’Abbé Beauvais dénonce cette volonté d’« ôter la liberté de juger » :

« Pour plonger l’humanité dans l’aveuglement ou dans la nuit profonde, il n’y a pas d’autre moyen que de lui ôter la faculté de juger, et là on est sûr d’assurer

le triomphe du mensonge ».

La ligne officielle est ainsi imposée à coup de « marteau-thérapie » insidieuse sous le contrôle étroit d’une véritable « police de la pensée ».

En effet, au moindre écart suspect ou signe d’opposition, les fidèles (et même certains prêtres !) les plus courtisans vont jusqu’à la délation en dénonçant le ou les « récalcitrants » auprès de leur prieur.

Celui-ci s’empressera alors aussitôt de fustiger les « prophètes de malheur » (abbé Radier) ou ceux dont les « pensées ne sont pas de Dieu » (abbé Brunet).

La subversion utilise toujours les mêmes moyens de manipulation et de conditionnement des foules.

Les modernistes et leurs agents ont été à l’origine de la révolution conciliaire. Ce sont ceux-là aussi qui œuvrent aujourd’hui au ralliement de la FSSPX, à l’extérieur comme à l’intérieur.

C’est pourquoi, nous ne devons pas être surpris si, par leurs déclarations, les supérieurs de la FSSPX nous apparaissent incohérents ou ondoyants, alternant des positions libérales ou hétérodoxes avec d’autres un peu plus fermes.

-          Ils prétendent lutter contre le modernisme, mais ils font chanter des Te Deum, louent et remercient le chef des modernistes pour son texte ultra-moderniste et pervers du Motu proprio de 2007 dans lequel il affirme cette imposture :

« Art. 1. Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire [c'est-à-dire la norme, la règle !] de la « lex orandi» de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire [c'est-à-dire l’exception !] de la même « lex orandi » de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la « lex orandi » de l’Église n’induisent aucune division de la « lex credendi » de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain. ».

Cela ne semble pas gêner l’abbé Jürgen Wegner qui n’hésite pas à prétendre, dans sa Lettre aux Amis et bienfaiteurs du District du Canada de février 2009, que grâce à ce texte « le combat de Monseigneur Lefebvre est réhabilité, son courage couronné de l’aval papal » (?!).

http://www.laportelatine.org/international/communic/presse/amernor/2009/Wegner0902/Wegner0902.php#exc09

On ne peut pas être plus cynique !

-          Ils déclarent aux fidèles vouloir, grâce à leurs illusoires « discussions doctrinales », convertir « le pape et la hiérarchie conciliaire » qui, « rongés par les erreurs et hérésies » professent « une autre foi », puis au Canon de la Messe ou lors des prières du Vendredi Saint ils demandent à Dieu de protéger et de garder un « tel pontife » (?!) considéré comme « fidèle à la vraie doctrine » (?!) afin de nous permettre de croître en mérite « dans la profession de sa foi » (?!). Leur contradiction rejoint ici le mensonge et le blasphème.

-          Ils disent vouloir faire « table rase » du Concile Vatican II, puis quelques temps plus tard, ils déclarent souhaiter « considérer le Concile Vatican II et l’enseignement post-conciliaire à la lumière de cette Tradition que saint Vincent de Lérins a définie comme ‘‘ce qui a été cru toujours, partout et par tous’’(Commonitorium), sans rupture et dans un développement parfaitement homogène » ;

Ce double-langage appartient précisément à cette « stratégie » d’endormissement de la masse. C’est la tactique du « deux pas en avant et un pas en arrière » …

« Et comme une tactique des modernistes, tactique en vérité fort insidieuse, est de ne jamais exposer leurs doctrines méthodiquement et dans leur ensemble, mais de les fragmenter en quelque sorte et de les éparpiller çà et là, ce qui prête à les faire juger ondoyants et indécis, quand leurs idées, au contraire, sont parfaitement arrêtées et consistantes. »

Saint Pie X, encyclique Pascendi

La « stratégie » de la FSSPX est en opposition totale avec Saint Pie X et l’enseignement de l’Église

« Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du Malin » (Mt V, 37)

Saint Pie X nous demandait de rejeter totalement les œuvres des modernistes. Il ne nous demandait pas de les interpréter « à la lumière de cette Tradition que saint Vincent de Lérins a définie comme ‘‘ce qui a été cru toujours, partout et par tous’’ (Commonitorium), sans rupture et dans un développement parfaitement homogène » !

Il est vrai qu’il ne connaissait pas le fameux concept de « l’herméneutique de la continuité », trouvaille du « super-moderniste » Benoît XVI que développe désormais insidieusement cette fausse majorité traditionnelle (même si certains s’en défendent…) pour plaire à l’intrus qui occupe le Vatican.

Sany Pie X

« Trêve donc au silence, qui désormais serait un crime ! Il est temps de lever le masque à ces hommes-là et de les montrer à l’Église universelle tels qu’ils sont ! »

Saint Pie X dans l’encyclique Pascendi Dominici Gregis

du 8 septembre 1907

Joseph Ratzinger
 

L’Église a toujours rejeté l’erreur ainsi que les livres ou documents mêlant le vrai et le faux. Elle n’a jamais cherché à en extraire le meilleur ou à modifier le faux qu’ils contiennent pour qu’ils deviennent vrais et acceptables.

Face aux enseignements des modernistes, l’Église ne nous a jamais prescrit de faire le tri entre le bon et le mauvais , le bon (faisant en soi déjà partie de l’enseignement connu de l’Église) n’étant que le moyen d’introduire, d’inoculer subrepticement le mauvais.

La volonté affichée de la FSSPX d’interpréter ou de réécrire le Concile Vatican II « à la lumière de la Tradition » grâce à ses illusoires « discussions doctrinales » constitue donc une imposture totale, une tromperie profondément malicieuse destinée à pousser, sous une apparence de bien, le plus grand nombre de fidèles et de prêtres à rejoindre petit à petit l’église Conciliaire, c'est-à-dire à quitter l’Église catholique hors de laquelle il ne peut y avoir de Salut.

« Se mettre à l’intérieur de l’Église, qu’est-ce que cela veut dire ? Et d’abord de quelle Église parle-t-on ? Si c’est de l’église Conciliaire, il faudrait que nous, qui avons lutté contre elle pendant vingt ans parce que nous voulons l’Église catholique, nous rentrions dans cette église Conciliaire pour soi-disant la rendre catholique ? C’est une illusion totale ! »

Mgr Lefebvre, Fideliter n° 70 de juillet-août 1989

Résistance catholique