21 mars 2009 - Lettre Ouverte à plusieurs de nos Prêtres

Lettre Ouverte à plusieurs de nos Prêtres.

Voici la lettre ouverte à plusieurs prêtres de la FSSPX envoyé par un fidèle que nous venons de recevoir.

 

Lettre ouverte à plusieurs de nos prêtres

« Combattez, enfants de lumière, vous petit nombre qui y voyez ;
car voici le temps des temps, la fin des fins.
L'Église sera éclipsée, le monde sera dans la consternation.
»
(Notre Dame de La Salette)

 

    Messieurs les Abbés,

    Ayant déjà été en relation avec vous à un titre ou à un autre, je voudrais vous faire part des réflexions suivantes. J’ai sous les yeux le communiqué de Mgr Fellay du 10 mars 2009 publié par le site Internet La Porte Latine, et j’y lis ceci :

« Loin de vouloir arrêter la Tradition en 1962, nous souhaitons considérer le Concile Vatican II et l’enseignement post-conciliaire à la lumière de cette Tradition […] sans rupture et dans un développement parfaitement homogène ».


    La contradiction dans les termes est à la fois criante et affligeante. Autant dire que l’on souhaite considérer la Révolution « française » et les enseignements post-révolutionnaires à la lumière de la Légitimité catholique et royale, « sans rupture et dans un développement parfaitement homogène ». Une telle comparaison se justifie par le fait qu’un éminent partisan de Vatican II a présenté triomphalement ce conciliabule « pastoral et non dogmatique » comme ayant été « 1789 dans l’Église ». Sauf l’indéfectible respect filial que je dois à Mgr Fellay en tant que véritable évêque catholique, il me semble qu’un tel défi au principe thomiste de non-contradiction devrait susciter une réaction de la part des véritables prêtres que vous êtes. Certains de vos confrères ont déjà réagi publiquement aux prises de position antérieures du Supérieur général : le Père Jean (un capucin), l’abbé Meramo et l’abbé Ceriani, entre autres. Mais comme ils sont encore isolés, ils ont subi les foudres de leur hiérarchie, et une procédure d’exclusion est même en cours contre l’abbé Meramo. Voilà comment on récompense le courage et la lucide fidélité à la Tradition, dans le même temps où l’on ménage l’auteur du livre empoisonné « La brindille et le baobab » (ou quelque chose d’approchant). Voilà comment agit une Fraternité qui semble de plus en plus déboussolée par les défections, les infiltrations, les capitulations et les manipulations extérieures en tous genres, ainsi que – dernièrement – par la provocation peut-être délibérée d’un de ses évêques, qui n’aurait pas agi autrement s’il avait cherché à susciter la diabolisation universelle de la Tradition catholique à travers l’œuvre de Mgr Lefebvre, de si heureuse mémoire.


    Quiconque a lu les auteurs antilibéraux du dix-neuvième siècle et du début du vingtième connaît la malignité pertinace des ennemis extérieurs et intérieurs de l’Église, ces agents du Mystère d’iniquité, et voit dans quel redoutable engrenage s’est engagée la FSSPX, peut-être sans espoir de retour en arrière. Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet, notamment sur la triste farce des deux « bouquets spirituels », ainsi que des Te Deum et des Magnificat ayant salué la publication largement prévisible d’un motu proprio illusoire et la levée d’une excommunication sans la moindre valeur canonique. Je me bornerai, cependant, à insister sur le caractère illisible de la position adoptée par Mgr Fellay, qui – entre autres nombreuses déclarations allant dans le même sens – avait pourtant dit en son temps (le 5 janvier 1996 au deuxième Congrès Si si no no) :


« Vatican II apparaît en rupture radicale avec la Tradition catholique ».


Étant doté d’un esprit simple, j’aimerais comprendre par quel tour de passe-passe casuistique on croit possible d’arguer de la compatibilité entre une « rupture radicale avec la Tradition catholique » et le maintien de cette dernière, le ralliement progressif à la secte gnostique conciliaire et la défense de cette même Tradition, l’admission de faux prêtres non réordonnés – même sous condition – et la défense du véritable sacerdoce catholique, le mensonge et la Vérité, Bélial et le Christ.
Lorsqu’on dîne avec le diable, il faut – paraît-il – prendre une longue cuiller. Mais doit-on absolument dîner avec lui, même muni d’un tel ustensile ? Mgr Lefebvre traitait Josef Ratzinger de « serpent » et parlait des « antichrists » de la Rome moderniste ; pour avoir discuté avec eux lorsque la chose était encore légitime, il savait de quoi il parlait. Or, si la situation a changé à Rome depuis sa disparition, c’est manifestement en pire, ne serait-ce que parce que le « serpent » occupe à présent le trône de Pierre, où il succède à d’autres pontifes calamiteux. Quel avantage peut-il donc y avoir à discuter avec de tels personnages, qui ont depuis longtemps sombré dans l’hérésie et l’apostasie, quand ce ne sont pas des infiltrés de longue date ? Prétend-on sérieusement les convertir ? Ne faut-il pas se rappeler le triste exemple des « prêtres ouvriers », qui ont cru pouvoir convertir des communistes et qui, loin d’y parvenir, ont fini par le devenir eux-mêmes ? Nous enjoindra-t-on de chanter des Te Deum et des Magnificat si nos « négociateurs » parviennent à faire supprimer une virgule du document Nostra Aetate ou ajouter un accent circonflexe dans le document Dignitatis Humanae ?…


Au lieu de capituler ainsi en rase campagne, ne vaudrait-il pas mieux, quoi qu’il en coûte, profiter de la déliquescence croissante et manifeste de la secte gnostique conciliaire pour dénoncer ouvertement cette dernière, tout en réaffirmant avec encore plus de force les vérités éternelles et intangibles de Religion, seul moyen de salut donné aux hommes, sans exception ?


    Faute d’une réaction massive de nos prêtres, nous autres laïcs sommes bien mal partis. Si, comme c’est de plus en plus probable, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X se rallie progressivement au modernisme apostat, nous n’aurons plus que le choix entre la fréquentation de chapelles restées fidèles à la Tradition, mais sans doute aussi rares que dispersées, et l’abandon de la Foi catholique par des reniements successifs analogues à ceux auxquels ne cessent de consentir les communautés déjà ralliées (Fraternité Saint-Pierre, Campos, etc.). Que la Providence divine veuille bien nous épargner un tel dilemme !

 
    J’ai parfaitement conscience du fait que sur les plans à la fois disciplinaire, moral et matériel, il serait encore plus douloureux pour nos prêtres que pour nous de se distancier d’une Fraternité qui abandonnerait le combat de la Foi. C’est pourquoi je tiens à vous assurer de mes prières quotidiennes, ainsi que de mon soutien aussi bien actuel qu’éventuel. Puisse le Dieu des armées célestes vous fortifier dans votre sacerdoce et vous permettre d’affronter avec détermination les épreuves cruciales qui s’annoncent pour le « petit reste » des clercs et laïcs attachés à la Tradition. Puisse-t-Il aussi éclairer vos supérieurs.


Veuillez agréer, Messieurs les Abbés, l’expression de ma filiale et déférente considération in Christo Rege et Maria Immaculata.

Un fidèle

  

 

Résistance catholique